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Maman Agnès Kalangu présente son livre sur le fufu: INNOVATIVE FUFU RECIPES

Maman Agnès Kalangu présente son livre sur le fufu: INNOVATIVE FUFU RECIPES (En français Recettes Novatrices de Fufu)

Une entrevue avec le journal canora

 

Bonjour Maman Agnès.Vous venez de publier un livre très intéressant sur le fufu.

Voudriez-vous nous parler un peu de vous-même d’abord?
Je m’appelle Kalangu Tshiswaka(Agnès). J’évolue dans le domaine de l’alimentation depuis plusieurs années. J’ai une formation en services traiteurs et je suis aussi détentrice d’un certificat en arts culinaire de George Brown College ici à Toronto. Avec mes multiples formations en matière culinaire, j’ai changé ma passion de cuisine en une profession. J’aime cuisiner. Pour moi, la cuisine est un art au service de la santé. Nous mangeons pour nous nourrir et nous maintenir en bonne santé. Manger, c’est donc un évènement social. La nourriture nous rapproche les uns les autres. Avec plus de 170 ethnies et cultures, Toronto est une véritable mosaïque de recettes culinaires où j’ai énormément appris des autres. En acceptant la diversité culturelle, le peuple canadien se trouve enrichi du même coup avec toutes les recettes exotiques.

Pourquoi un livre sur les recettes novatrices de fufu?

Le fufu que l’on appelle aussi selon les différentes langues en Afrique ugali, shima etc. est un repas populaire en Afrique subsaharienne. Il est aussi consommé ailleurs sous d’autres formes ou variations. C’est ainsi que j’ai eu une idée pour produire un matériel nouveau que je mettrais à la disposition de tous pour informer, instruire , enseigner et éclairer les personnes intéressées sur le fufu. J’ai voulu un livre pour aider celles et ceux qui veulent préparer le fufu , à utiliser des mesures pour faciliter leurs tâches , et qu’il y a plusieurs formes de farines convenables pour s’en servir. C’est ainsi que j’ai conçu des nouvelles recettes pour sortir un peu de la monotonie. S’il y a des enfants qui ne veulent pas manger le fufu, c’est peut-être parce qu’ils veulent que cette boule de fufu qui leur est présentée sur la table soit un peu plus attrayante , en améliorant par exemple la présentation. Cet objectif est rendu possible avec mon livre.
Pour vous procurer un exemplaire du livre , veuillez m’envoyer un message texto sur mon cellulaire : (647)708 5453 ou un courriel à tshiswakakalangu842@gmail.com

Pourquoi nos poubelles sont-elles toujours pleines?

par Lumembo Tshiswaka

Lorsqu’on se promène dans les rues de Toronto, une de premières choses qui frappe la promeneuse ou le promeneur est  le nombre impressionnant des déchets plastiques. On les trouve partout, même aux endroits les plus inattendus : des bancs pour passagers aux arrêts de bus, aux grilles des parcs municipaux , sur les pavés, dans les parcs etc. Et si l’on prête encore plus d’attention sur les marques qui sont inscrites sur ces déchets, on se rendra compte qu’ils proviennent presque tous des mêmes pollueurs : Nestlé, Tim Horton, Pepsico, Coca-Cola et McDonald. Comme le montrent ces images que nous avions nous-même prises dans la banlieue de Toronto, nos poubelles sont toujours pleines !

Si dans les années 1960, le plastique constituait dans les années 1960 une formidable découverte de la chimie du pétrole aujourd’hui il est devenu un sujet d’inquiétude: il est par trop envahissant!

Se pourrait-il que la consommation quotidienne des plastiques dans la ville de Toronto, dépasse de loin les capacités des poubelles , mais aussi la municipalité n’aurait pas assez de services de ramassage . Selon une information de Radio Canada, datant de 2017, le Canada qui produirait un peu plus de 2 millions de tonne de plastique par an, la plupart des plastiques les plus utilisés à ce jour ne sont pas biodégradables, ce qui mène à l’accumulation perpétuelle des déchets.

Les preuves abondent. Comme on peut le voir sur ces photos, ces poubelles sont supposées être vidées de manière régulière par les voieries urbaines, mais tel semble ne pas être le cas. En effet il faudra se rappeler également qu’avec seulement 0,5 % de la population mondiale, le Canada produit 2 % du volume de déchets générés dans le monde. Dans un article du Devoir du 18 octobre 2018, Isabelle Paré dit résume avec candeur la problématique  » La façon dont on dispose des ordures a plus d’un impact. Mal gérées, nos poubelles empoisonnent l’environnement à petit feu, font monter en flèche les dépenses publiques et contribuent au réchauffement climatique. Qualifié de mauvais élève, le Canada peut mieux faire, estiment des experts »

Ce quelques photos que j’ai prises au hasard à Scarborough sont là pour nous le prouver. En les examinant de très près, on se rendra vite compte que la majeure partie des ordures dans ces poubelles publiques est constituée des déchets plastiques que les passants et les usagers de transports publics jettent à tout bout de champ à un rythme  effrayant.

Au fait, avec tous les déchets plastiques qu’on a aujourd’hui dans le monde, on peut en faire une feuille de cellophane pour envelopper une fois et demie la planète terre. Rien qu’en 2017, on aurait produit 8,3 milliards de tonnes de plastiques. S’il est vrai que les matériaux plastiques sont pour de nombreuses industries polyvalents, légers et bon marché, il est tout aussi troublant que personne ne s’est jamais demandé ce qu’il fallait faire lorsque le plastique deviendrait déchet. Pour le Canada , la production des plastiques et la pollution qu’elle engendre est avant tout un problème de santé publique et donc un problème politique. C’est pourquoi les environnementalistes Canadiennes et Canadiens saluent avec joie la décision du Premier Ministre qui voudrait que tous les plastiques à usage unique soient interdits dès 2021. Comme il l’a déclaré lui-même  « la pollution par le plastique est un fléau mondial et que moins de 10 % des plastiques étaient actuellement recyclés au Canada. Il nous faudrait sauver tous ces animaux innocents qui meurent dans nos océans en ingurgitant nos déchets plastiques avant qu’il ne soit trop tard!

Références :

Le Canada interdira le plastique à usage unique dès 2021

Lien : https://www.journaldemontreal.com/2019/06/10/le-canada-interdira-le-plastique-a-usage-unique-1

Plastic partout ! Histoires de déchets

Lien : https://www.youtube.com/watch?v=sJfqoq0-AS8

 

Pollution plastique : tentons toutes les solutions possibles | Samuel Le Bihan | TEDxCannes

Lien : https://www.youtube.com/watch?v=_tQITdfo8F8

8,3 milliards de tonnes de plastique ont été produites depuis 1950

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1046177/milliards-tonnes-plastique-produites-homme-depuis-1950-2015-dechets-pollution

Le Canada, champion de la production de déchets dans le monde

https://www.ledevoir.com/societe/environnement/539192/le-canada-champion-de-la-production-de-dechets-dans-le-monde

COALITION DES NOIRS FRANCOPHONES DE L’ONTARIO (CNFO): DÉFENSE DES DROITS DE AFRO-CANADIENS

Une entrevue du journal canora avec Mr. Jean-Marie Vianney

Coordonnateur du CNFO

 

Mr. Jean-Marie Vianney

La défense de nos droits en tant que Canadiennes et Canadiens d’ascendance Africaine Noire commence d’abord par une bonne compréhension de notre propre histoire : Qui nous sommes, nos origines, notre culture et notre propre histoire écrite par nous -mêmes et pour nous-mêmes. Une histoire de notre présence de plus de 400 ans au Canada!

 

Canora:Bonjour Mr. Jean-Marie Vianney! Merci beaucoup d’avoir accepté l’invitation du journal canora pour une entrevue au sujet de votre organisation. Vous êtes l’un des membres fondateurs de la Coalition des Noirs Francophones de l’Ontario :  d’où vous est venue l’idée de créer une telle association?

JMV: Une coalition, c’est d’abord un ensemble d’individus et d’organismes et associations qui se sont mis ensemble pour défendre leurs intérêts pour une cause commune, souvent humanitaire, politique, sociale ou religieuse. C’est dans cette perspective que le CNFO a été créé pour mieux représenter les enjeux auxquels font face les Noirs Francophones de l’Ontario, compte tenu de leur histoire passée, présente et à venir. S’il est vrai qu’il y a eu de tentatives dans le passé, qui n’ont pas produit les résultats escomptés, il est tout aussi vrai qu’à l’heure actuelle, les besoins des populations Noires en Ontario ont changé, nous sommes 52,4% de la population noire du Canada en Ontario et la plus importante du pays, les besoins se sont agrandis et diversifiés à tel point qu’un organisme comme le nôtre était tant attendu. Nous formons selon les sources de statistique canada du sondage 2016, une population de 1,2 millions et 3,5 % de la population du Canada.

Le CNFO est donc un organisme porte-parole qui entend défendre et promouvoir la cause commune des Noirs et Afro-Descendants Francophones de toutes les générations vivant dans la province de l’Ontario. Parmi les enjeux auxquels sont exposés je pourrais citer par exemple la reconnaissance, l’accès à la justice, le décrochage scolaire, le profilage racial, la pauvreté, le haut niveau de chômage etc.

Pour nous, faire partie d’une coalition ne signifie pas pour autant être enfermé sur soi-même. Nous sommes en coalition parce que nous ne voulons pas résoudre nos problèmes de manière isolée, chacun chez soi et Dieu pour tous. Nous sommes ensemble parce que nous voulons mieux déterminer nos paramètres. Lors de nos diverses rencontres, nous nous posons souvent les mêmes questions sur les mêmes enjeux qui nous privent de jouir comme toutes les autres Canadiens et tous les autres canadiens. L’histoire des Noirs Francophones que nous sommes en train de vivre en Ontario est la nôtre, nous voulons la maîtriser pour mieux se positionner comme communauté dans le concert de toute la population ontarienne. Sous ma coordination, j’ai toujours dit à mes collègues de penser autrement et de recontexualiser nos défis en fonction des réalités ontariennes. Au fait, tous les yeux des Francophones Noirs de l’Ontario sont braqués sur la CNFO : vont-ils réussir leur pari?

 

 

Canora : Pour vous, que signifie le terme « Noir » lorsqu’il est usité pour désigner un groupe d’humains?

JMV: Pour moi, le mot « Noir » a une connotation très forte. Lorsque les gens le prononcent, dans le fin-fond de leurs têtes, je crois qu’ils pensent d’abord aux termes ‘minorités visibles ». Un enjeu comme le profilage racial touche particulièrement les personnes d’ascendance africaine, bref des noirs d’abord. C’est là une réalité que l’on ne peut pas nier ni négliger même si elle n’est pas très documentée.

En ce qui me concerne, moi je n’ai pas honte d’utiliser ce terme, même si par le passé durant des siècles, être Noir était synonyme d’être esclave. Aujourd’hui, ce terme a pris une envolée. Ceux et celles qui l’utilisent en assument pleinement la charge. Au cours des trois dernières décennies, en commençant par les États-Unis grâce aux slogans créés par les Afro-Américains tels que « Black is beautiful », ‘’Black lives matters’’ le mot « Noir » a commencé à avoir un contenu positif. S’il est vrai que le terme « noir » continue à être associé à tout ce qui est négatif comme  » le marché noir », « les années noires », au sein du CNFO, nous ne voyons pas en cela comme un obstacle pour continuer à faire toutes nos revendications et plaidoyers.

Comme je le disais à votre première question, l’Ontario est la province qui a le plus grand nombre de personnes Noires au Canada. Cette identité est aussi renforcée par notre diversité comme communauté, notre présence passé, actuelle et futur au sein de la société, nos différentes langues ethniques que nous parlons : douala, swahili, lingala, haussa, somali, bambara etc. La CNFO entend promouvoir nos acquis dans cette Ontario diversifiée et inclusive en même temps. Personnellement, je ne pense pas que nous ne pouvons pas ne pas être Noirs. Nous sommes ce que Dieu nous a créés et nous en somme fiers. Avec plus d’un million de Noirs au Canada, statistiquement, nous comptons et voulons démontrer notre contribution par nos actions.

 

Canora :Le terme ‘Noir » a-t-il toujours eu le même sens dans l’histoire?

JMV: Je ne saurais pas répondre à ta question parce que tout simplement, je n’ai pas encore fait de recherche là-dessus.  Tout ce que je peux dire, c’est que nous ne sommes plus invisibles. Avec des évènements culturels comme Caribana ici à Toronto et le Festival International des Nuits d’Afrique de Montréal, nos différentes cultures ébènes sont de plus en plus présentes. Quand je regarde et participe aux carnavals de Caribana chaque année à Toronto, je vois que nous venons de loin. Malgré nos singularités particulières, cet évènement culturel qui attire plusieurs milliers de carnavaliers est une démonstration, à mon sens que les Ontaroises et Ontarois Noirs assument avec fierté le port du terme « Noir »

Canora : Quels sont les autres sens que ce terme a eus?

JMV: Ce terme a eu plusieurs sens, usités surtout par les Racistes pour dénigrer les personnes de couleur dont les Noirs en particulier. Pour ces gens-là, être Noirs signifie être fainéant, idiot. Il s’agit là d’une xénophobie, d’une haine envers les Noirs, attitudes et perceptions que la CNFO combat avec vigueur. Ces perceptions sont collées à nos communautés par celles et ceux qui ne nous connaissent pas.

Nous ne sommes pas ce que les autres pensent de nous. Nous, au sein du CNFO rêvons grand! Ces insultes appartiennent au passé. Ces gens là qui nous lancent des boutades ont souvent de la haine d’eux-mêmes et souvent poussés par l’ignorance. Au sein de notre coalition, j’ai toujours dit à nos membres  » Nous, on n’a pas besoin de les détester, mais de les éduquer afin qu’ils changent et guérissent dans leurs cœurs et esprit. Nous sommes, après tout membres de la race humaine, comme eux, créés par le même Dieu.

Canora : Quelle est l’opinion de la Coalition des Noirs Francophones de l’Ontario sur le racisme anti-Noir?

JMV: Il s’agit-là d’une forme de racisme virulente comme le prouve de nombreuses études à travers l’Europe et l’Amérique du Nord. Cette forme de racisme qui a perduré depuis plusieurs siècles a même poussé au cours des dernières années les Nations Unies à déclarer les années 2015-2024 la décennie des personnes Noires et d’ascendance africaine. Pourquoi les communautés Noires sont-elles au plus bas échelon social? Qu’est-ce qui a été fait par les différents gouvernements qui se sont succédés en Ontario pour adresser ce problème? Je suis content que le gouvernement actuel voudrait mettre sur pieds un Secrétariat à ce sujet chargé d’étudier et de trouver des solutions concrètes et durables contre le racisme anti-Noir.

Le CNFO ne peut que saluer une telle initiative, surtout quand elle reçoit depuis sa fondation nombre de plaintes provenant des communautés Noires relatives aux abus dans les écoles publiques, le système carcéral, la Justice et même les institutions gouvernementales, où des fonctionnaires méritants se voient plafonnés alors qu’ils ont toujours été bien côtés et performants!

 

Canora: Avez-vous déjà participé à une session de formation en « anti-racisme »?

JMV: Oui, j’en ai participé à plusieurs. Il faut dire que toutes ne se ressemblent pas. J’encourage toutes les personnes qui veulent suivre ce genre de formation. C’est que j’ai appris par exemple, c’est la capacité de dépister les perceptions autour de moi, les camouflages. Grâce aux séminaires sur l’antiracisme, je suis maintenant capable de rapporter tous les incidents où j’ai été victime avec précision et surtout de ne jamais me laisser intimider.

J’ai toujours dit que dorénavant que rien de ce qui se fait sur nous ne doit se faire sans nous. Beaucoup de gens dans nos communautés qui ont été traumatisés dans des incidents à caractère raciste ou discriminatoire ne se sont jamais remis de leurs traumatismes. Au niveau de la CNFO, nous travaillons d’arrache-pied pour encadrer ces frères et sœurs. Il nous faut tous nous mettre autour de la table pour parler de nos défis en tant que Noirs Francophones en Ontario et mettre sur pied des stratégies pour équiper les nôtres. La CNFO vise plus haut et veut avoir un grand impact.

Canora :Comment la Coalition des Noirs de l’Ontario entend-t-elle être un organisme avant-garde en ce qui concerne la protection des droits des Noirs?

JMV: Nous le faisons de plusieurs manières d’abord en éduquant, informant et défendant les droits de nos membres. Ceci par exemple, en accompagnant les parents au niveau de l’éducation . Par exemple, nous avions dû accompagner un parent Noir dont le fils de 6 ans avait plus de 40 suspensions à l’école alors que ses camarades de classe qui ne sont pas Noirs et qui affichaient le même type de comportement n’ont jamais été punis de manière démesurée.

Un autre exemple est celui de la criminalisation dans le système scolaire. Lorsque le Directeur de l’école et les enseignants n’arrivent pas à résoudre des problèmes avec certains élèves Noirs. La CNFO entend travailler avec les écoles pour élaborer des stratégies sur les actions punitives qui tiennent comptent de la culture des élèves.

Lorsqu’un parent Noir francophone qui se trouve sur son lieu de travail et qui reçoit un appel de la direction de l’école pour venir prendre sa fille ou son fils, ce genre d’approche est un échec. En effet, si la direction de l’école qui dispose de toutes les ressources humaines ne parvient pas à résoudre un problème de discipline, alors l’école aura échoué dans sa mission.

Au niveau de la police, la CNFO entend travailler les services de la police chargés des relations avec la communauté pour mieux cerner la problématique du profilage racial aussi bien dans les institutions carcérales et sur les routes nationales. Nous comptons aussi outillés nos membres pour qu’ils soient bien informés sur les divers enjeux qui touchent nos communautés (immigration, politique, académique, financier etc.).Noussommes donc engagés à préparer nos communautés dans ce sens là. Notre contribution doit être soutenue et encouragée.

Canora: Selon vous, existe-t-il une alternative ou des alternatives pour utiliser le terme « Noir »?

JMV: À vrai dire, au niveau de la CNFO, nous ne sommes pas très préoccupés par la recherche d’une alternative des termes utilisés par le public en ces jours. La terminologie appropriée bien qu’importante n’est pas à l’ordre du jour. À partir de ces termes, nous on veut rapidement passer à autre chose. Il y a le folklore et la culture. Il faut s’attaquer aux plus grands enjeux. Il nous faut investir dans certains secteurs. Peut-être que le temps nous dira et il faut se dire en terminant que le travail que nous sommes entrain de faire aujourd’hui, continuera par d’autres  avec une autre perspective il faut rester ouvert…

Canora: Le groupe d’humains d’ascendance africaine semble être le seul à être nommé ou identifié par la couleur de leur peau : Pourquoi en est-il ainsi?

JMV: Il s’agit-là d’une appellation de ceux qui voulaient carrément classer les Africains avec une catégorie rattachée seulement à la couleur de leur peau, qui rappelons-le comprend différents tons du noir en passant par le brun. On sait aussi que les Chinois par exemple n’ont jamais accepté d’être appelés « Jaunes » et ils ont réussi. Depuis lors, plus personne n’ose encore appeler les Chinois « Jaunes » . Ils sont tout simplement appelés ‘Chinois ».

En ce qui concerne les « Noirs », le problème est un peu plus complexe. Étant donné que l’Afrique est subdivisée en plusieurs zones comprenant des peuples aux différents teints de la peau dont certains sont Blancs, il a semblé facile d’utiliser le terme « Noir » pour désigner la majorité des peuples originaires de cette partie de la planète Terre; surtout ici dans le contexte canadien et en Amérique du nord ou cette dénomination pourrait nous permettre de développer stratégiquement un grand groupe d’influence et de changer des choses. Vous êtes d’accord avec moi qu’en Afrique, cette dénomination n’aurait pas de sens.

Canora :Y a-t-il un lien entre racisme et situation économique?

JMV: Le racisme est une maladie. Une maladie qui a des conséquences très néfastes sur les individus qui en sont victimes et notre société. Comme dans la fable de Jean Lafontaine, les animaux malades de la peste, lorsqu’un pays peuplé en majorité par les « Blancs » et qu’une crise économique survienne, celles et ceux qui sont le public aura tendance à accuser les immigrants, surtout Noirs et les autres minorités religieuses, sexuelles… comme étant les voleurs d’emploi alors qu’ils n’ont rien à voir avec la crise. De manière générale, une situation économique défavorable accentue les actes de racisme envers les gens de couleur, et plus particulièrement les ‘Noirs ». C’est pour cette raison que nous devons nous mettre ensemble pour lutter et mettre fin à ce fléau; le silence n’est pas le meilleur allié pour la mise à mort du racisme et de toutes les formes de discriminations.

 

Je vous remercie Monsieur Jean Marie Vianney pour votre temps.

Entrevue réalisée par Mr. Lumembo Tshiswaka

Rédacteur en Chef au journal Canora

 

L’ASSEMBLÉE DE LA FRANCOPHONIE DE L’ONTARIO ET LA FAMILLE MULRONEY

L’ancien Premier ministre du Canada, Brian Mulroney, dit regretter d’avoir qualifié la députée provinciale indépendante, Amanda Simard, de « petite fille » lorsqu’il est monté à la défense de Caroline Mulroney et des compressions qu’elle a cautionnées dans le gouvernement provincial de Doug Ford.

Lors d’une émission à Radio-Canada, dimanche dernier, monsieur Mulroney a défendu sa fille, la ministre responsable des Affaires francophones, à la suite de l’élimination du projet de l’Université française en Ontario et du Commissariat aux services en français.

Dans un communiqué, il dit qu’il aurait dû employer « l’expression jeune femme ». Ceci ne règle rien. Ce qui aurait aplani la polémique était d’utiliser son nom : Amanda Simard et de respecter cette politicienne franco-ontarienne. Pourquoi cette attitude hautaine à l’endroit de madame Simard qui a eu le courage de ses convictions? En effet, la député de Glengarry-Prescott-Russell a quitté le Parti conservateur de Doug Ford l’année dernière pour contester les réductions draconiennes dans les services aux francophones de l’Ontario.

La réaction au sein des partis d’opposition ne s’est pas fait attendre. La députée néo-démocrate de Nickebelt, France Gélinas, a soutenu que les propos de monsieur Mulroney démontrent que « le sexisme est toujours bien ancré en politique ».

La députée libérale d’Orléans et ex-ministre des Affaires francophones, Marie-France Lalonde, a déclaré que les commentaires de l’ex-Premier ministre canadien étaient désobligeants.

La seule personne qui a défendu monsieur Mulroney a été le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin. Pour lui, c’est juste « un mauvais choix de mots. »
Il y voit « un fier papa qui a toujours été un allier des francophones ».

Il va jusqu’à dire que Caroline Mulroney est la meilleure personne pour faire face à la situation des coupes budgétaires dans la francophonie ontarienne.

Je sais qu’il faut travailler avec le gouvernement Doug Ford mais il ne s’agit pas de chanter ses louanges. Monsieur Jolin ne ressemble pas au président de l’AFO qu’on a entendu en novembre dernier. Ce dernier était plus combatif, plus dénonciateur.

Je ne crois pas que les quelque 14 000 manifestants au Canada, le 1er décembre, pour dénoncer les coupes du premier ministre Doug Ford veulent entendre le porte-parole de l’AFO absoudre la ministre ontarienne responsable des Affaires francophones. C’est elle qui était supposée nous défendre contre le francophobe Doug Ford. Et c’est Amanda Simard, l’héroïne dans cette histoire.

Par conséquent, on est en droit de s’attendre à ce que notre porte-parole continue à demander des comptes à madame Mulroney, d’un ton plus exigeant, voire revendicateur.

Je trouve ironique que ce soit les députés de l’opposition à Queen’s Park qui s’offusque des commentaires de Brian Mulroney et qui qualifient le gouvernement de Doug Ford d’anti-francophone.

Ce que Brian Mulroney aurait accompli pour les francophones il y a longtemps ne doit pas lui donner le droit de traiter une femme de conviction de « petite fille » et Carol Jolin a manqué une belle occasion de rassurer les francophones qu’il est le porte-parole dont on a besoin.

Didier Leclair, écrivain

 

Raconter une première fois

Paul-François Sylvestre

Il y a toujours une première fois, un premier voyage en train, un premier aveu ou un premier chagrin. C’est toute une variété de premières fois que révèlent les Éditions David dans le quatrième tome de Pour se raconter qui réunit quarante textes de tous les coins de l’Ontario.

Parmi les récits retenus, huit sont signés par des auteurs qui publient pour les troisième fois dans le cadre du concours « Pour se raconter ». Sept des quarante textes proviennent du Grand Toronto, soit 17,5%., dont Nathalie Georges, Corina Vasilescu et Michèle Villegas-Kerlinger qui publient pour la troisième fois. Michèle Villegas-Kerlinger raconte son premier travail d’été, la première occasion où elle avait « brisé sa coquille ».

Cette année, faute de fonds, on n’a pas offert des ateliers d’écriture dans diverses régions de la province pour encourager les intéressés à bien développer le thème de « la première fois ». Cela explique peut-être pourquoi certains récits semblent hors thème et que d’autres manquent de rythme ou de concision.

Voici quelques exemples de premières fois bien racontées : Micheline Babinski (Ottawa) nous rappelle le jour de sa première communion, Suzanne Turcotte (L’Orignal) décrit comment des « sans oreilles » (sourds) montent sur scène pour la première fois et Nathalie Georges (France/Toronto) passe en revue tous les premiers gestes d’intégration qu’elle a dû poser pour élire domicile dans le Ville Reine.

Je signe moi-même un texte dans ce recueil. Il s’intitule « L’escorte » et demeure entièrement autobiographique. On y découvre comment « j’avais fait la cour une première fois et j’allais me retrouver en cour criminelle… »

Pour se raconter 4 – La première fois offre toutes sortes d’ambiances, légère ou intense, gaie ou triste, et illustre bien comment une petite ou une grande expérience peut rester gravée dans notre mémoire pour le reste de la vie.

Collectif, Pour se raconter 4 – La première fois, récits, Ottawa, Éditions David, 2017, 258 pages, 15 $.

Un condensé de la littérature québécoise

Paul-François Sylvestre

Les Éditions Hurtubise poursuivent leur publication d’albums qui expliquent un sujet complexe en une série de courts articles de 30 secondes chacun. Le nouveau-né de cette collection est La littérature québécoise en 30 secondes, de Michel Laurin. Tout y est, des premiers textes historiques aux récits féministes, en passant par les contes, légendes, poèmes, romans, pièces de théâtre, essais et même la chanson.

Ce livre présente les moments forts et les figures marquantes de l’histoire littéraire québécoise. Cette dernière débute avec les premiers récits des missionnaires avides de découvertes. Elle continue avec les Canadiens français qui cultivent l’art du conte, de la chanson et des légendes pour conserver leur identité. Elle se révèle dans les journaux où les discours, poèmes et essais évoquent la soif de liberté des Canadiens français. Il faudra attendre 1940 pour que les voix de la modernité s’élèvent et que romanciers, dramaturges et poètes donnent la pleine mesure de l’identité québécoise.

Michel Laurin propose 62 articles qui incluent chacun un résumé de 300 mots (30 secondes), un condensé en 3 secondes et un sujet de réflexion. Pour les contes, son condensé se lit comme suit : « Afin d’éviter qu’ils ne sombrent dans l’oubli, les écrivains donnent une forme écrite aux légendes et aux contes de la tradition orale. »

Il inclut le profil de huit écrivains qui ont marqué le territoire littéraire au fil des siècles : Marie de l’Incarnation, Arthur Buies, Émile Nelligan, Anne Hébert, Jacques Ferron, Marie-Claire Blais, Jacques Poulin et Fanny Laferrière.

Il y a même un article sur « La francophonie canadienne », où l’auteur signale la contribution d’auteurs comme Gabrielle Roy (Manitoba), Antonine Maillet (Nouveau-Brunswick), Patrice Desbiens et Jean Marc Dalpé (Ontario). On note que Toronto, Ottawa et Sudbury disposent de théâtres, de maisons d’édition et d’une revue culturelle (Liaison).

Lord Durham a déjà écrit que les Canadiens français étaient un peuple « sans histoire et sans littérature ». L’histoire a prouvé le contraire. Le rayonnement des écrits québécois dépasse les frontières provinciales, comme en font foi les pièces de Michel Tremblay traduites et jouées de par le monde ou la présence des auteurs québécois dans les foires du livres à Paris, Bruxelles, Genève et Francfort.

Michel Laurin, La littérature québécoise en 30 secondes, Montréal, Éditions Hurtubise, 2017, 160 pages, 22,95 $.

Des gouttes de bonheur littéraire

Paul-François Sylvestre

Le bonheur a-t-il un goût, une couleur, une odeur? Voilà la question à laquelle Didier Leclair tente de répondre dans le roman Le bonheur est un parfum sans nom. Le personnage principal, et narrateur, est un romancier qui fait partie d’un quintette de jazz. L’histoire que raconte Leclair est parfumée de cette musique.

Le nom du narrateur n’est jamais mentionné. On sait qu’il a 50 ans, vit à Toronto, est séparé de sa femme et a deux enfants, un garçon et une fille. C’est un homme noir élégant portant un chapeau en feutre (comme Didier Leclair).

Les noms de plusieurs jazzmen, eux, sont mentionnés. Je ne m’y connais pas en musique, en jazz surtout, mais j’ai déjà entendu parler de Miles Davis, Duke Ellington ou Dave Brubek, vaguement. Les noms suivants me sont cependant complètement inconnus: Ben Webster, John Coltrane, Ornette Coleman, Eric Dolphy et Kenny Clarke qui étayent le récit.

L’auteur m’a rappelé que le jazz est né d’un peuple réduit à l’esclavage et que, «même dans l’adversité, il peut naître une rose». Pour Leclair, le musicien de jazz ressemble à un écrivain «puisqu’il est l’ami du temps, l’ami du rythme qui transporte vers un ailleurs».

Le narrateur-protagoniste est un écrivain qui n’a pas écrit une ligne depuis quatre ans. Son éditeur lui propose un ouvrage sur les Grands Lacs d’Afrique, puis un Guinéen lui demande d’écrire sa biographie. Le narrateur préfère écrire un roman, celui que nous lisons.

Le texte est parsemé de réflexions sur l’écriture. Leclair souligne, par exemple, que l’écrivain «renaît à chaque fois qu’il trouve un lecteur». Il note que Jorge Luis Borges croyait à la réincarnation des écrivains en livre, puis il se compare à un personnage du romancier Julian Barnes; il souligne aussi que, pour Romain Gary, «la réalité n’est pas une inspiration pour la littérature», c’est le contraire.

Selon l’auteur, écrire un livre «est à la fois un cri à l’aide et un bras d’honneur envers tous ceux qui prétendent comprendre son angoisse». Plus loin, il précise: «Je veux disparaître entre les pages de mon manuscrit. Devenir un point d’interrogation, quelque chose qui a la gueule ouverte et réclame une réponse, n’importe quelle réponse à la raison d’être.»

Le style de Didier Leclair est toujours finement ciselé. Son personnage tombe amoureux d’une dame mystérieuse à laquelle il donne le nom de Miss Perfumado. L’auteur écrit alors: «Tu as tatoué ton image sur la rétine de mes yeux et je rentre chez moi pour revoir le film de ton passage, au ralenti.» On imagine les accents de jazz qui ponctuent ce film.

Ce roman permet à Leclair de réfléchir sur des sujets comme l’identité et les minorités visibles. Il souligne comment, avec le temps, une personne perd son statut d’Africain d’Afrique. Il commence d’abord «à rêver au continent noir comme un touriste qui souhaite jouir du soleil», puis après dix ans, il devient un Africain du Canada. «Vingt hivers et plus, c’est fini. On a pratiquement tout oublié. On devient Canadien d’Afrique…»

Le poète, essayiste et philosophe américain Ralph Waldo Emerson a écrit que «le bonheur est un parfum que l’on ne peut répandre sur autrui sans en faire rejaillir quelques gouttes sur soi-même». Ce sont des gouttes de bonheur littéraire que Leclair fait rejaillir sur son lectorat, tout en lui rappelant que «l’amour est un apprentissage et chaque erreur nous renvoie à la case départ».

Didier Leclair, Le bonheur est un parfum sans nom, roman, Ottawa, Éditions David, coll. Indociles, 2017, 254 pages, 21,95 $.

EcoAmbassadeurs du Monde : Ouvre une voie royale aux minorités visibles francophones de l’Ontario

Le programme avait été officiellement lancé le 09 mai dernier. « Ce projet renforcera le dynamisme de nos communautés diversifiées ici à Trinity-Spadina en faisant preuve d’inclusion parmi nos minorités visibles francophones, a déclaré Han Dong, député provincial de Trinity – Spadina.  C’est une excellente nouvelle pour EcoAmbassadeurs et pour l’Ontario. »

L’organisme Ecoambassadeurs du Monde a pour mission de de former les leaders de demain à la préservation de l’environnement et au rayonnement d’une société canadienne inclusive et multiculturelle. L’organisme avait donc reçu une subvention à hauteur de 74 000 $, octroyée par la Fondation Trillium de l’Ontario. En effet partant du constant de la sous représentativité des minorités visibles dans les instances décisionnelles, l’objectif du programme Gouvernance inclusive fut dans un premier temps de sélectionner sur dossier 25 candidats plus compétents les uns que les autres afin de les armer d’outils leur permettant d’être élu dans des conseils d’administrations d’organismes sans but lucratifs, les commissions et les comités d’agences provinciales ou municipales. Ce processus encourage une plus grande représentativité dans diverses institutions de la province afin que celle-ci soit à l’image du melting-pot de la société canadienne. Puis dans un second temps de faire appel à des personnalités incontournables de la francophonie ontarienne pour transmettre leurs connaissances et animer les différents modules de formations.

 

(Photo de groupe après l’atelier sur « Droits et devoirs des Franco-Ontariens ». Formateur : Daniel Cayen, ancien Sous-ministre adjoint dans la fonction publique de l’Ontario)

 

Ainsi pendant près de cinq mois de formation, les 25 participants ont pu suivre six modules, reposant sur des thématiques abordant le contexte franco-ontarien notamment la loi sur les services en français ; ou encore sur les droits, les devoirs d’un administrateur tout en passant par la manière de faire le réseautage.

 

Les participants de la cohorte 2017, ne tarissent pas d’éloge sur le dispositif du programme de la plus-value ajouter à leur parcours.

Ainsi pour Constant. Z. Ouapo « Cette formation cadre parfaitement avec ma vision à long terme: Atteindre un haut niveau de leadership pour mieux servir ma communauté. »

Marine Rigal « Je dirais que la formation en gouvernance inclusive m’a été bénéfique en ce sens qu’elle m’a permis d’être accepté comme membre de deux conseils d’administration. »

Faouzi Metouilli « Le programme m’a permis d’acquérir des compétences complémentaires, de renforcer mon savoir, de mieux éclaircir certains points qui étaient ambigus et aussi de me mettre à jour sur les lois régissant la relation entre les organismes communautaires et le gouvernement que ce soit le provincial ou le fédéral. »

Emerance Iragy Mubalama « Suivre la formation m’a permis d’ajouter un plus dans ma vie, dans le cadre professionnel. »

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