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Maman Agnès Kalangu présente son livre sur le fufu: INNOVATIVE FUFU RECIPES

Maman Agnès Kalangu présente son livre sur le fufu: INNOVATIVE FUFU RECIPES (En français Recettes Novatrices de Fufu)

Une entrevue avec le journal canora

 

Bonjour Maman Agnès.Vous venez de publier un livre très intéressant sur le fufu.

Voudriez-vous nous parler un peu de vous-même d’abord?
Je m’appelle Kalangu Tshiswaka(Agnès). J’évolue dans le domaine de l’alimentation depuis plusieurs années. J’ai une formation en services traiteurs et je suis aussi détentrice d’un certificat en arts culinaire de George Brown College ici à Toronto. Avec mes multiples formations en matière culinaire, j’ai changé ma passion de cuisine en une profession. J’aime cuisiner. Pour moi, la cuisine est un art au service de la santé. Nous mangeons pour nous nourrir et nous maintenir en bonne santé. Manger, c’est donc un évènement social. La nourriture nous rapproche les uns les autres. Avec plus de 170 ethnies et cultures, Toronto est une véritable mosaïque de recettes culinaires où j’ai énormément appris des autres. En acceptant la diversité culturelle, le peuple canadien se trouve enrichi du même coup avec toutes les recettes exotiques.

Pourquoi un livre sur les recettes novatrices de fufu?

Le fufu que l’on appelle aussi selon les différentes langues en Afrique ugali, shima etc. est un repas populaire en Afrique subsaharienne. Il est aussi consommé ailleurs sous d’autres formes ou variations. C’est ainsi que j’ai eu une idée pour produire un matériel nouveau que je mettrais à la disposition de tous pour informer, instruire , enseigner et éclairer les personnes intéressées sur le fufu. J’ai voulu un livre pour aider celles et ceux qui veulent préparer le fufu , à utiliser des mesures pour faciliter leurs tâches , et qu’il y a plusieurs formes de farines convenables pour s’en servir. C’est ainsi que j’ai conçu des nouvelles recettes pour sortir un peu de la monotonie. S’il y a des enfants qui ne veulent pas manger le fufu, c’est peut-être parce qu’ils veulent que cette boule de fufu qui leur est présentée sur la table soit un peu plus attrayante , en améliorant par exemple la présentation. Cet objectif est rendu possible avec mon livre.
Pour vous procurer un exemplaire du livre , veuillez m’envoyer un message texto sur mon cellulaire : (647)708 5453 ou un courriel à tshiswakakalangu842@gmail.com

Pourquoi nos poubelles sont-elles toujours pleines?

par Lumembo Tshiswaka

Lorsqu’on se promène dans les rues de Toronto, une de premières choses qui frappe la promeneuse ou le promeneur est  le nombre impressionnant des déchets plastiques. On les trouve partout, même aux endroits les plus inattendus : des bancs pour passagers aux arrêts de bus, aux grilles des parcs municipaux , sur les pavés, dans les parcs etc. Et si l’on prête encore plus d’attention sur les marques qui sont inscrites sur ces déchets, on se rendra compte qu’ils proviennent presque tous des mêmes pollueurs : Nestlé, Tim Horton, Pepsico, Coca-Cola et McDonald. Comme le montrent ces images que nous avions nous-même prises dans la banlieue de Toronto, nos poubelles sont toujours pleines !

Si dans les années 1960, le plastique constituait dans les années 1960 une formidable découverte de la chimie du pétrole aujourd’hui il est devenu un sujet d’inquiétude: il est par trop envahissant!

Se pourrait-il que la consommation quotidienne des plastiques dans la ville de Toronto, dépasse de loin les capacités des poubelles , mais aussi la municipalité n’aurait pas assez de services de ramassage . Selon une information de Radio Canada, datant de 2017, le Canada qui produirait un peu plus de 2 millions de tonne de plastique par an, la plupart des plastiques les plus utilisés à ce jour ne sont pas biodégradables, ce qui mène à l’accumulation perpétuelle des déchets.

Les preuves abondent. Comme on peut le voir sur ces photos, ces poubelles sont supposées être vidées de manière régulière par les voieries urbaines, mais tel semble ne pas être le cas. En effet il faudra se rappeler également qu’avec seulement 0,5 % de la population mondiale, le Canada produit 2 % du volume de déchets générés dans le monde. Dans un article du Devoir du 18 octobre 2018, Isabelle Paré dit résume avec candeur la problématique  » La façon dont on dispose des ordures a plus d’un impact. Mal gérées, nos poubelles empoisonnent l’environnement à petit feu, font monter en flèche les dépenses publiques et contribuent au réchauffement climatique. Qualifié de mauvais élève, le Canada peut mieux faire, estiment des experts »

Ce quelques photos que j’ai prises au hasard à Scarborough sont là pour nous le prouver. En les examinant de très près, on se rendra vite compte que la majeure partie des ordures dans ces poubelles publiques est constituée des déchets plastiques que les passants et les usagers de transports publics jettent à tout bout de champ à un rythme  effrayant.

Au fait, avec tous les déchets plastiques qu’on a aujourd’hui dans le monde, on peut en faire une feuille de cellophane pour envelopper une fois et demie la planète terre. Rien qu’en 2017, on aurait produit 8,3 milliards de tonnes de plastiques. S’il est vrai que les matériaux plastiques sont pour de nombreuses industries polyvalents, légers et bon marché, il est tout aussi troublant que personne ne s’est jamais demandé ce qu’il fallait faire lorsque le plastique deviendrait déchet. Pour le Canada , la production des plastiques et la pollution qu’elle engendre est avant tout un problème de santé publique et donc un problème politique. C’est pourquoi les environnementalistes Canadiennes et Canadiens saluent avec joie la décision du Premier Ministre qui voudrait que tous les plastiques à usage unique soient interdits dès 2021. Comme il l’a déclaré lui-même  « la pollution par le plastique est un fléau mondial et que moins de 10 % des plastiques étaient actuellement recyclés au Canada. Il nous faudrait sauver tous ces animaux innocents qui meurent dans nos océans en ingurgitant nos déchets plastiques avant qu’il ne soit trop tard!

Références :

Le Canada interdira le plastique à usage unique dès 2021

Lien : https://www.journaldemontreal.com/2019/06/10/le-canada-interdira-le-plastique-a-usage-unique-1

Plastic partout ! Histoires de déchets

Lien : https://www.youtube.com/watch?v=sJfqoq0-AS8

 

Pollution plastique : tentons toutes les solutions possibles | Samuel Le Bihan | TEDxCannes

Lien : https://www.youtube.com/watch?v=_tQITdfo8F8

8,3 milliards de tonnes de plastique ont été produites depuis 1950

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1046177/milliards-tonnes-plastique-produites-homme-depuis-1950-2015-dechets-pollution

Le Canada, champion de la production de déchets dans le monde

https://www.ledevoir.com/societe/environnement/539192/le-canada-champion-de-la-production-de-dechets-dans-le-monde

COALITION DES NOIRS FRANCOPHONES DE L’ONTARIO (CNFO): DÉFENSE DES DROITS DE AFRO-CANADIENS

Une entrevue du journal canora avec Mr. Jean-Marie Vianney

Coordonnateur du CNFO

 

Mr. Jean-Marie Vianney

La défense de nos droits en tant que Canadiennes et Canadiens d’ascendance Africaine Noire commence d’abord par une bonne compréhension de notre propre histoire : Qui nous sommes, nos origines, notre culture et notre propre histoire écrite par nous -mêmes et pour nous-mêmes. Une histoire de notre présence de plus de 400 ans au Canada!

 

Canora:Bonjour Mr. Jean-Marie Vianney! Merci beaucoup d’avoir accepté l’invitation du journal canora pour une entrevue au sujet de votre organisation. Vous êtes l’un des membres fondateurs de la Coalition des Noirs Francophones de l’Ontario :  d’où vous est venue l’idée de créer une telle association?

JMV: Une coalition, c’est d’abord un ensemble d’individus et d’organismes et associations qui se sont mis ensemble pour défendre leurs intérêts pour une cause commune, souvent humanitaire, politique, sociale ou religieuse. C’est dans cette perspective que le CNFO a été créé pour mieux représenter les enjeux auxquels font face les Noirs Francophones de l’Ontario, compte tenu de leur histoire passée, présente et à venir. S’il est vrai qu’il y a eu de tentatives dans le passé, qui n’ont pas produit les résultats escomptés, il est tout aussi vrai qu’à l’heure actuelle, les besoins des populations Noires en Ontario ont changé, nous sommes 52,4% de la population noire du Canada en Ontario et la plus importante du pays, les besoins se sont agrandis et diversifiés à tel point qu’un organisme comme le nôtre était tant attendu. Nous formons selon les sources de statistique canada du sondage 2016, une population de 1,2 millions et 3,5 % de la population du Canada.

Le CNFO est donc un organisme porte-parole qui entend défendre et promouvoir la cause commune des Noirs et Afro-Descendants Francophones de toutes les générations vivant dans la province de l’Ontario. Parmi les enjeux auxquels sont exposés je pourrais citer par exemple la reconnaissance, l’accès à la justice, le décrochage scolaire, le profilage racial, la pauvreté, le haut niveau de chômage etc.

Pour nous, faire partie d’une coalition ne signifie pas pour autant être enfermé sur soi-même. Nous sommes en coalition parce que nous ne voulons pas résoudre nos problèmes de manière isolée, chacun chez soi et Dieu pour tous. Nous sommes ensemble parce que nous voulons mieux déterminer nos paramètres. Lors de nos diverses rencontres, nous nous posons souvent les mêmes questions sur les mêmes enjeux qui nous privent de jouir comme toutes les autres Canadiens et tous les autres canadiens. L’histoire des Noirs Francophones que nous sommes en train de vivre en Ontario est la nôtre, nous voulons la maîtriser pour mieux se positionner comme communauté dans le concert de toute la population ontarienne. Sous ma coordination, j’ai toujours dit à mes collègues de penser autrement et de recontexualiser nos défis en fonction des réalités ontariennes. Au fait, tous les yeux des Francophones Noirs de l’Ontario sont braqués sur la CNFO : vont-ils réussir leur pari?

 

 

Canora : Pour vous, que signifie le terme « Noir » lorsqu’il est usité pour désigner un groupe d’humains?

JMV: Pour moi, le mot « Noir » a une connotation très forte. Lorsque les gens le prononcent, dans le fin-fond de leurs têtes, je crois qu’ils pensent d’abord aux termes ‘minorités visibles ». Un enjeu comme le profilage racial touche particulièrement les personnes d’ascendance africaine, bref des noirs d’abord. C’est là une réalité que l’on ne peut pas nier ni négliger même si elle n’est pas très documentée.

En ce qui me concerne, moi je n’ai pas honte d’utiliser ce terme, même si par le passé durant des siècles, être Noir était synonyme d’être esclave. Aujourd’hui, ce terme a pris une envolée. Ceux et celles qui l’utilisent en assument pleinement la charge. Au cours des trois dernières décennies, en commençant par les États-Unis grâce aux slogans créés par les Afro-Américains tels que « Black is beautiful », ‘’Black lives matters’’ le mot « Noir » a commencé à avoir un contenu positif. S’il est vrai que le terme « noir » continue à être associé à tout ce qui est négatif comme  » le marché noir », « les années noires », au sein du CNFO, nous ne voyons pas en cela comme un obstacle pour continuer à faire toutes nos revendications et plaidoyers.

Comme je le disais à votre première question, l’Ontario est la province qui a le plus grand nombre de personnes Noires au Canada. Cette identité est aussi renforcée par notre diversité comme communauté, notre présence passé, actuelle et futur au sein de la société, nos différentes langues ethniques que nous parlons : douala, swahili, lingala, haussa, somali, bambara etc. La CNFO entend promouvoir nos acquis dans cette Ontario diversifiée et inclusive en même temps. Personnellement, je ne pense pas que nous ne pouvons pas ne pas être Noirs. Nous sommes ce que Dieu nous a créés et nous en somme fiers. Avec plus d’un million de Noirs au Canada, statistiquement, nous comptons et voulons démontrer notre contribution par nos actions.

 

Canora :Le terme ‘Noir » a-t-il toujours eu le même sens dans l’histoire?

JMV: Je ne saurais pas répondre à ta question parce que tout simplement, je n’ai pas encore fait de recherche là-dessus.  Tout ce que je peux dire, c’est que nous ne sommes plus invisibles. Avec des évènements culturels comme Caribana ici à Toronto et le Festival International des Nuits d’Afrique de Montréal, nos différentes cultures ébènes sont de plus en plus présentes. Quand je regarde et participe aux carnavals de Caribana chaque année à Toronto, je vois que nous venons de loin. Malgré nos singularités particulières, cet évènement culturel qui attire plusieurs milliers de carnavaliers est une démonstration, à mon sens que les Ontaroises et Ontarois Noirs assument avec fierté le port du terme « Noir »

Canora : Quels sont les autres sens que ce terme a eus?

JMV: Ce terme a eu plusieurs sens, usités surtout par les Racistes pour dénigrer les personnes de couleur dont les Noirs en particulier. Pour ces gens-là, être Noirs signifie être fainéant, idiot. Il s’agit là d’une xénophobie, d’une haine envers les Noirs, attitudes et perceptions que la CNFO combat avec vigueur. Ces perceptions sont collées à nos communautés par celles et ceux qui ne nous connaissent pas.

Nous ne sommes pas ce que les autres pensent de nous. Nous, au sein du CNFO rêvons grand! Ces insultes appartiennent au passé. Ces gens là qui nous lancent des boutades ont souvent de la haine d’eux-mêmes et souvent poussés par l’ignorance. Au sein de notre coalition, j’ai toujours dit à nos membres  » Nous, on n’a pas besoin de les détester, mais de les éduquer afin qu’ils changent et guérissent dans leurs cœurs et esprit. Nous sommes, après tout membres de la race humaine, comme eux, créés par le même Dieu.

Canora : Quelle est l’opinion de la Coalition des Noirs Francophones de l’Ontario sur le racisme anti-Noir?

JMV: Il s’agit-là d’une forme de racisme virulente comme le prouve de nombreuses études à travers l’Europe et l’Amérique du Nord. Cette forme de racisme qui a perduré depuis plusieurs siècles a même poussé au cours des dernières années les Nations Unies à déclarer les années 2015-2024 la décennie des personnes Noires et d’ascendance africaine. Pourquoi les communautés Noires sont-elles au plus bas échelon social? Qu’est-ce qui a été fait par les différents gouvernements qui se sont succédés en Ontario pour adresser ce problème? Je suis content que le gouvernement actuel voudrait mettre sur pieds un Secrétariat à ce sujet chargé d’étudier et de trouver des solutions concrètes et durables contre le racisme anti-Noir.

Le CNFO ne peut que saluer une telle initiative, surtout quand elle reçoit depuis sa fondation nombre de plaintes provenant des communautés Noires relatives aux abus dans les écoles publiques, le système carcéral, la Justice et même les institutions gouvernementales, où des fonctionnaires méritants se voient plafonnés alors qu’ils ont toujours été bien côtés et performants!

 

Canora: Avez-vous déjà participé à une session de formation en « anti-racisme »?

JMV: Oui, j’en ai participé à plusieurs. Il faut dire que toutes ne se ressemblent pas. J’encourage toutes les personnes qui veulent suivre ce genre de formation. C’est que j’ai appris par exemple, c’est la capacité de dépister les perceptions autour de moi, les camouflages. Grâce aux séminaires sur l’antiracisme, je suis maintenant capable de rapporter tous les incidents où j’ai été victime avec précision et surtout de ne jamais me laisser intimider.

J’ai toujours dit que dorénavant que rien de ce qui se fait sur nous ne doit se faire sans nous. Beaucoup de gens dans nos communautés qui ont été traumatisés dans des incidents à caractère raciste ou discriminatoire ne se sont jamais remis de leurs traumatismes. Au niveau de la CNFO, nous travaillons d’arrache-pied pour encadrer ces frères et sœurs. Il nous faut tous nous mettre autour de la table pour parler de nos défis en tant que Noirs Francophones en Ontario et mettre sur pied des stratégies pour équiper les nôtres. La CNFO vise plus haut et veut avoir un grand impact.

Canora :Comment la Coalition des Noirs de l’Ontario entend-t-elle être un organisme avant-garde en ce qui concerne la protection des droits des Noirs?

JMV: Nous le faisons de plusieurs manières d’abord en éduquant, informant et défendant les droits de nos membres. Ceci par exemple, en accompagnant les parents au niveau de l’éducation . Par exemple, nous avions dû accompagner un parent Noir dont le fils de 6 ans avait plus de 40 suspensions à l’école alors que ses camarades de classe qui ne sont pas Noirs et qui affichaient le même type de comportement n’ont jamais été punis de manière démesurée.

Un autre exemple est celui de la criminalisation dans le système scolaire. Lorsque le Directeur de l’école et les enseignants n’arrivent pas à résoudre des problèmes avec certains élèves Noirs. La CNFO entend travailler avec les écoles pour élaborer des stratégies sur les actions punitives qui tiennent comptent de la culture des élèves.

Lorsqu’un parent Noir francophone qui se trouve sur son lieu de travail et qui reçoit un appel de la direction de l’école pour venir prendre sa fille ou son fils, ce genre d’approche est un échec. En effet, si la direction de l’école qui dispose de toutes les ressources humaines ne parvient pas à résoudre un problème de discipline, alors l’école aura échoué dans sa mission.

Au niveau de la police, la CNFO entend travailler les services de la police chargés des relations avec la communauté pour mieux cerner la problématique du profilage racial aussi bien dans les institutions carcérales et sur les routes nationales. Nous comptons aussi outillés nos membres pour qu’ils soient bien informés sur les divers enjeux qui touchent nos communautés (immigration, politique, académique, financier etc.).Noussommes donc engagés à préparer nos communautés dans ce sens là. Notre contribution doit être soutenue et encouragée.

Canora: Selon vous, existe-t-il une alternative ou des alternatives pour utiliser le terme « Noir »?

JMV: À vrai dire, au niveau de la CNFO, nous ne sommes pas très préoccupés par la recherche d’une alternative des termes utilisés par le public en ces jours. La terminologie appropriée bien qu’importante n’est pas à l’ordre du jour. À partir de ces termes, nous on veut rapidement passer à autre chose. Il y a le folklore et la culture. Il faut s’attaquer aux plus grands enjeux. Il nous faut investir dans certains secteurs. Peut-être que le temps nous dira et il faut se dire en terminant que le travail que nous sommes entrain de faire aujourd’hui, continuera par d’autres  avec une autre perspective il faut rester ouvert…

Canora: Le groupe d’humains d’ascendance africaine semble être le seul à être nommé ou identifié par la couleur de leur peau : Pourquoi en est-il ainsi?

JMV: Il s’agit-là d’une appellation de ceux qui voulaient carrément classer les Africains avec une catégorie rattachée seulement à la couleur de leur peau, qui rappelons-le comprend différents tons du noir en passant par le brun. On sait aussi que les Chinois par exemple n’ont jamais accepté d’être appelés « Jaunes » et ils ont réussi. Depuis lors, plus personne n’ose encore appeler les Chinois « Jaunes » . Ils sont tout simplement appelés ‘Chinois ».

En ce qui concerne les « Noirs », le problème est un peu plus complexe. Étant donné que l’Afrique est subdivisée en plusieurs zones comprenant des peuples aux différents teints de la peau dont certains sont Blancs, il a semblé facile d’utiliser le terme « Noir » pour désigner la majorité des peuples originaires de cette partie de la planète Terre; surtout ici dans le contexte canadien et en Amérique du nord ou cette dénomination pourrait nous permettre de développer stratégiquement un grand groupe d’influence et de changer des choses. Vous êtes d’accord avec moi qu’en Afrique, cette dénomination n’aurait pas de sens.

Canora :Y a-t-il un lien entre racisme et situation économique?

JMV: Le racisme est une maladie. Une maladie qui a des conséquences très néfastes sur les individus qui en sont victimes et notre société. Comme dans la fable de Jean Lafontaine, les animaux malades de la peste, lorsqu’un pays peuplé en majorité par les « Blancs » et qu’une crise économique survienne, celles et ceux qui sont le public aura tendance à accuser les immigrants, surtout Noirs et les autres minorités religieuses, sexuelles… comme étant les voleurs d’emploi alors qu’ils n’ont rien à voir avec la crise. De manière générale, une situation économique défavorable accentue les actes de racisme envers les gens de couleur, et plus particulièrement les ‘Noirs ». C’est pour cette raison que nous devons nous mettre ensemble pour lutter et mettre fin à ce fléau; le silence n’est pas le meilleur allié pour la mise à mort du racisme et de toutes les formes de discriminations.

 

Je vous remercie Monsieur Jean Marie Vianney pour votre temps.

Entrevue réalisée par Mr. Lumembo Tshiswaka

Rédacteur en Chef au journal Canora

 

L’ASSEMBLÉE DE LA FRANCOPHONIE DE L’ONTARIO ET LA FAMILLE MULRONEY

L’ancien Premier ministre du Canada, Brian Mulroney, dit regretter d’avoir qualifié la députée provinciale indépendante, Amanda Simard, de « petite fille » lorsqu’il est monté à la défense de Caroline Mulroney et des compressions qu’elle a cautionnées dans le gouvernement provincial de Doug Ford.

Lors d’une émission à Radio-Canada, dimanche dernier, monsieur Mulroney a défendu sa fille, la ministre responsable des Affaires francophones, à la suite de l’élimination du projet de l’Université française en Ontario et du Commissariat aux services en français.

Dans un communiqué, il dit qu’il aurait dû employer « l’expression jeune femme ». Ceci ne règle rien. Ce qui aurait aplani la polémique était d’utiliser son nom : Amanda Simard et de respecter cette politicienne franco-ontarienne. Pourquoi cette attitude hautaine à l’endroit de madame Simard qui a eu le courage de ses convictions? En effet, la député de Glengarry-Prescott-Russell a quitté le Parti conservateur de Doug Ford l’année dernière pour contester les réductions draconiennes dans les services aux francophones de l’Ontario.

La réaction au sein des partis d’opposition ne s’est pas fait attendre. La députée néo-démocrate de Nickebelt, France Gélinas, a soutenu que les propos de monsieur Mulroney démontrent que « le sexisme est toujours bien ancré en politique ».

La députée libérale d’Orléans et ex-ministre des Affaires francophones, Marie-France Lalonde, a déclaré que les commentaires de l’ex-Premier ministre canadien étaient désobligeants.

La seule personne qui a défendu monsieur Mulroney a été le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin. Pour lui, c’est juste « un mauvais choix de mots. »
Il y voit « un fier papa qui a toujours été un allier des francophones ».

Il va jusqu’à dire que Caroline Mulroney est la meilleure personne pour faire face à la situation des coupes budgétaires dans la francophonie ontarienne.

Je sais qu’il faut travailler avec le gouvernement Doug Ford mais il ne s’agit pas de chanter ses louanges. Monsieur Jolin ne ressemble pas au président de l’AFO qu’on a entendu en novembre dernier. Ce dernier était plus combatif, plus dénonciateur.

Je ne crois pas que les quelque 14 000 manifestants au Canada, le 1er décembre, pour dénoncer les coupes du premier ministre Doug Ford veulent entendre le porte-parole de l’AFO absoudre la ministre ontarienne responsable des Affaires francophones. C’est elle qui était supposée nous défendre contre le francophobe Doug Ford. Et c’est Amanda Simard, l’héroïne dans cette histoire.

Par conséquent, on est en droit de s’attendre à ce que notre porte-parole continue à demander des comptes à madame Mulroney, d’un ton plus exigeant, voire revendicateur.

Je trouve ironique que ce soit les députés de l’opposition à Queen’s Park qui s’offusque des commentaires de Brian Mulroney et qui qualifient le gouvernement de Doug Ford d’anti-francophone.

Ce que Brian Mulroney aurait accompli pour les francophones il y a longtemps ne doit pas lui donner le droit de traiter une femme de conviction de « petite fille » et Carol Jolin a manqué une belle occasion de rassurer les francophones qu’il est le porte-parole dont on a besoin.

Didier Leclair, écrivain

 

les défis des minorités a accéder a la justice en ontario

Les défis des minorités raciales à l’accès à la justice en Ontario sont nombreux. Rappelons tout d’abord que lorsqu’un justiciable a besoin d’un avocat, il faut qu’il puisse le payer. Or les frais d’un avocat sont élevés même pour une consultation préliminaire. Nous avons Aide juridique Ontario (AJO) qui est un organisme provincial qui vient en aide aux Ontariens les moins fortunés. On peut obtenir des renseignements gratuits sur le droit de la famille, sur les questions complex- es liées aux immigrants et aux réfugiés. Toutefois les critères d’admission à l’aide juridique sont très stricts. Par exemple, pour une famille de 3 personnes, le revenu familial doit être de 39 352 dollars au maximum afin d’obtenir des conseils juridiques sommaires et un avocat de service. Les Avocats de service sont des juristes qui sont dans les tribunaux et qui peuvent donner des conseils. On peut constater que l’AJO vise les plus démunis. Même si cette tranche de personnes mérite de l’aide, il y a également ceux qu’on appelle en anglais les « working poors ». Ceux qui travaillent tout le temps mais n’arrivent pas à joindre les deux bouts. Il faut constater que cette population ne peut obtenir une aide adéquate car le salaire dans cette catégorie dépasse les critères établis. L’AJO exigera alors le remboursement de l’aide obtenue. Conséquence? La personne qui travaille va crouler sous les dettes pour avoir essayé d’obtenir justice. Il est vrai qu’on peut faire appel d’une décision sur l’admissibilité d’une personne. Mais il ne faut pas oublier que la procédure prend du temps et si vous êtes dans une situation de crise, vous devez agir rapidement. Par ailleurs, les obstacles systémiques continuent de nuire à l’accès à la justice. La représentation des minorités visibles dans le système juridique est faible en Ontario. Selon le recensement de Statistique Canada datant de 2001, l’Ontario comptait 54% des minorités visibles au Canada. Ce nombre a augmenté depuis. En 2015, dans une interview au média Global News, Arleen Huggins, membre de l’Association canadienne des avocats Noirs, a dénoncé le fait que le gouvernement fédéral ne fait aucun recensement des minorités visibles au sein du système de justice au pays. Il tient en compte les juristes unilingues et bilingues mais pas leur appartenance raciale. Un autre phénomène est le profilage racial. De nombreux cas de membres de communautés raciales sont devant les tribunaux pour des accusations non fondées. En 2016, il y a eu le cas de Nosakhar Ohenhen qui a purgé 5 ans de prison pour possession d’arme à feu et de drogue, puis acquitté car il était innocent. Il fut arrêté parce qu’il était Noir à bord d’une voiture de luxe, une Jaguar. Les policiers lui avaient également refusé le droit d’appeler un Avocat. L’accès à la justice est un chemin difficile à parcourir quand on est pauvre en Ontario, même quand on est une minorité raciale. Les rouages pour obtenir de l’aide sont complexes. L’aide existe mais ceux qui sont pauvres et travaillent, par peur de s’endetter, décident de ne pas réclamer justice quand ils sont innocents. Même les minorités visibles ayant des moyens de se payer un Avocat ont moins de chances de gagner leur procès car il y a une sous-représentation des populations racialisées au sein du système juridique en Ontario et dans le reste du pays. Quand bien même on améliorerait ces questions, il reste la sensibilisation à faire auprès des policiers capables de refuser à une minorité visible ses droits constitutionnels simplement à cause de la couleurde sa peau et du modèle de sa voiture.

Didier Leclair, écrivain

LETTRE D’AMOUR À LA HAVANE

Si vous êtes allés à Cuba, comme une foule de gens, vous affirmez peut-êtreconnaître La Havane. Vousavez plutôt une vague idée car il y a 300 raisons d’aimer La Havane, titre du guide préparé par Heidi Hollinger qui séjourne régulièrement dans la capitale cubaine depuis 1989. Avec ses décors, ses parfums et ses sons, La Havane est « d’une formidable sensualité ».Hollinger dresse d’abord une liste de ses coups de cœurs : les plus beaux exemples d’art déco, les rues qui invitent à la promenade, les bars à cigares, les plus beaux couchers de soleils, les tables exotiques d’exception, les meilleures glaces, etc. On qualifie El Malecón de plus long banc de parc au monde (sept kilomètres de la Vieille Havane à l’ouest de Velado). Il faut s’asseoir sur son parapet, dos à la mer « pour observer les marées humaines ». Vous y croiserez sans doute un vendeur de cacahuètes rôties maison (4 cents le cornet); « parvenir à en extraire la dernière cacahuète est le plus grand défi qu’on puisse relever à la Havane ». La Mecque Art déco est sans contredit l’Édifice Bacardi (1930), premier gratte-ciel de la capitale; seul le hall est accessible aux touristes, mais il en vaut vraiment la peine. « Allez-y, c’est un must. » Si vous préférez quelque chose de plus classique, de plus ecclésiastique, alors rendez-vous à l’Iglesia y Convento de Nuestra Señora de la Merced pour y admirer « le plus extraordinaire ensemble de fresques et de toiles réalisées par d’éminents artistes cubains du XIXe siècle. Une splendeur. » Si vous n’allez qu’à un restaurant de La Havane, que ce soit La Guarida. C’est là qu’on a tourné le film Fresa y Chocolate. Il est suggéré d’essayer les tacos de poisson ou le ceviche cubain. Le plat préféré de l’auteure est « le visuellement et gastronomiquement sublime carpaccio de pieuvre ». N’oubliez pas de réserver. Si vous êtes un jeune homme souhaitant arborer le look cubain, alors traversez la rue en sortant d’El Café et entrez dans le minuscule salon Neldys Y Rey (Amargura no 361, entre Aguacate et Ville-gas). Tous les styles sont autorisés (toutes les couleurs aussi). C’est une vraie « ruche d’inventivité capillaire ». Que devrais-je rapporter dans mes bagages? Trois choses : 1) le rhum Santiago de Cuba de 11 ans, mais le Santiago Añejo (7ans) est aussi excellent et quatre fois moins cher; 2) des cigares achetés dans les magasins de l’État (méfiez-vous des faux offerts par les camelots); 3) du café fraîchement torréfié, Serrano est la meilleure marque. Original et hors des sentiers battus, ce guide est une véritable lettre d’amour à La Havane. Heidi Hollinger, 300 raisons d’aimer La Havane, guide traduit de l’anglais par Marie-José Thériault, Montréal, Éditions de l’Homme, 2018, 288 pages, 29,95 $.

EcoAmbassadeurs du Monde : Ouvre une voie royale aux minorités visibles francophones de l’Ontario

Le programme avait été officiellement lancé le 09 mai dernier. « Ce projet renforcera le dynamisme de nos communautés diversifiées ici à Trinity-Spadina en faisant preuve d’inclusion parmi nos minorités visibles francophones, a déclaré Han Dong, député provincial de Trinity – Spadina.  C’est une excellente nouvelle pour EcoAmbassadeurs et pour l’Ontario. »

L’organisme Ecoambassadeurs du Monde a pour mission de de former les leaders de demain à la préservation de l’environnement et au rayonnement d’une société canadienne inclusive et multiculturelle. L’organisme avait donc reçu une subvention à hauteur de 74 000 $, octroyée par la Fondation Trillium de l’Ontario. En effet partant du constant de la sous représentativité des minorités visibles dans les instances décisionnelles, l’objectif du programme Gouvernance inclusive fut dans un premier temps de sélectionner sur dossier 25 candidats plus compétents les uns que les autres afin de les armer d’outils leur permettant d’être élu dans des conseils d’administrations d’organismes sans but lucratifs, les commissions et les comités d’agences provinciales ou municipales. Ce processus encourage une plus grande représentativité dans diverses institutions de la province afin que celle-ci soit à l’image du melting-pot de la société canadienne. Puis dans un second temps de faire appel à des personnalités incontournables de la francophonie ontarienne pour transmettre leurs connaissances et animer les différents modules de formations.

 

(Photo de groupe après l’atelier sur « Droits et devoirs des Franco-Ontariens ». Formateur : Daniel Cayen, ancien Sous-ministre adjoint dans la fonction publique de l’Ontario)

 

Ainsi pendant près de cinq mois de formation, les 25 participants ont pu suivre six modules, reposant sur des thématiques abordant le contexte franco-ontarien notamment la loi sur les services en français ; ou encore sur les droits, les devoirs d’un administrateur tout en passant par la manière de faire le réseautage.

 

Les participants de la cohorte 2017, ne tarissent pas d’éloge sur le dispositif du programme de la plus-value ajouter à leur parcours.

Ainsi pour Constant. Z. Ouapo « Cette formation cadre parfaitement avec ma vision à long terme: Atteindre un haut niveau de leadership pour mieux servir ma communauté. »

Marine Rigal « Je dirais que la formation en gouvernance inclusive m’a été bénéfique en ce sens qu’elle m’a permis d’être accepté comme membre de deux conseils d’administration. »

Faouzi Metouilli « Le programme m’a permis d’acquérir des compétences complémentaires, de renforcer mon savoir, de mieux éclaircir certains points qui étaient ambigus et aussi de me mettre à jour sur les lois régissant la relation entre les organismes communautaires et le gouvernement que ce soit le provincial ou le fédéral. »

Emerance Iragy Mubalama « Suivre la formation m’a permis d’ajouter un plus dans ma vie, dans le cadre professionnel. »

VOYONS DONC, LE NOUVEL ARRIVANT N’EST PAS SI NOUVEAU QUE ÇA

Le gouvernement ontarien, par la voix de sa ministre déléguée aux Affaires francophones, Marie-France Lalonde, s’est engagée en novembre dernier à réformer la Loi sur les services en français (Loi 8). C’est sûrement en se basant sur le rapport du Commissaire aux services en français, François Boileau, que le gouvernement ontarien a compris qu’il faut réviser cette loi.

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) est du même avis. Elle a mis un sondage sur « la modernisation » de la loi sur les services en français en ligne. Vous pouvez aller donner votre opinion sur le bien-fondé de cette réforme jusqu’en septembre de cette année.

Soyons maintenant plus précis en expliquant les raisons de ce besoin de réforme. La population francophone en Ontario dite de « souche » est vieillissante et elle s’amenuise. Par ailleurs, d’après les données du Ministère des Affaires civiques et de l’Immigration de l’Ontario, l’immigration francophone est au plus bas depuis 15 ans dans la province. En 2010, ils étaient plus de 3500 à s’être installés en Ontario, en 2015, ils furent à peine 2061. D’ailleurs, l’AFO, dans son livre blanc sur l’immigration francophone, réclame entre autres que 5 % du total d’immigrants en Ontario soient francophones.

C’est dans ce contexte qu’il faut voir le besoin d’une refonte de la Loi 8. Ne vous faîtes pas avoir par les propos de certains qui proposent la réforme parce que « le visage de la francophonie a évolué. Une diversité culturelle s’est composée. » Soyons franc, il y a péril en la demeure, le feu est à la porte. Si le Commissaire François Boileau, le président de l’AFO Carol Jolin ou même la ministre Marie-France Lalonde sont d’accord (en principe) pour une refonte de la Loi 8, c’est parce qu’elle aurait dû avoir lieu il y a au moins dix ans.

En effet, le visage de la francophonie a évolué depuis longtemps et la présence des minorités visibles francophones n’est pas nouvelle. Il suffit d’aller dans nos écoles pour le constater. Ces enfants aux origines diverses ont des parents qui sont en Ontario depuis des décennies. L’idée du
« nouvel arrivant » comme la raison d’une loi à rajeunir est erronée et à certains égards, de mauvaise foi. Cette refonte de la Loi 8 est en retard. Quelqu’un a dormi « sur la switch ». Il n’y a pas de héros.

Ce que propose le rapport du Commissaire au service en français n’est donc pas avant-gardiste. Bien au contraire. Par exemple, la recommandation qu’on élargisse la définition des francophones de l’Ontario au sein de la Loi 8. On les définirait ainsi : « les personnes pour lesquelles la langue maternelle est le français, de même que les personnes pour lesquelles la langue maternelle n’est ni le français ni l’anglais, mais qui ont une bonne connaissance du français comme langue officielle et qui utilisent le français à la maison. »

Le gouvernement ontarien a déjà adopté cette définition inclusive de francophone (DIF) en 2009. Le problème est que les ministères et les organismes gouvernementaux n’utilisent pas la DIF de façon uniforme. Insérer cette notion dans la Loi 8 ne garantit pas que les francophones de l’Ontario seront mieux desservis. C’est bien de le réclamer, ce n’est toutefois pas révolutionnaire, encore moins péremptoire.

C’est comme une autre recommandation phare de ce rapport. Mettre fin aux 26 régions désignées qui reçoivent des services en français et proposer la désignation de tout l’Ontario sous la Loi sur les services en français modifiée. Si nous n’avons que 26 régions désignées, c’est parce qu’il y a un lobby anti-francophone qui refuse davantage de services. Comment ce gouvernement pourra-t-il convaincre les élus provinciaux d’accepter une telle réforme ? Certains d’entre eux nourrissent la même phobie des francophones que les élus locaux. Doit-on rappeler qu’on n’arrive même pas à avoir une capitale nationale bilingue ?

En tant que francophone issue des minorités visibles, le livre blanc sur l’immigration francophone de l’AFO et les recommandations du Commissaire Boileau sur la refonte de la Loi 8 montrent de bonnes intentions, rien de plus. Cette urgence pour reconnaître l’apport des minorités francophones a un parfum de désespoir.

Unir les forces des Franco-Ontariens pour lutter contre l’assimilation et améliorer les services en français sont des luttes nobles et il n’est pas question ici de nier les efforts de l’AFO ou du Commissariat. Mais personne ne devrait annoncer que « le visage » des Franco-Ontariens a évolué. On a attendu ni l’AFO, ni le Commissaire aux services en français pour prendre notre place. La vraie question est de savoir si ces figures officielles de la francophonie ontarienne vont finalement courir au même rythme que nous.

Didier Leclair, écrivain

 

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Enregistré comme organisme à but non lucratif en 1997 CANORA s’est donné comme mandat:

 

  1. D’offrir des services aux Canadiens et Canadiennes d’origine africaine, antillaise et asiatique de l’Ontario et du Canada dans tous les secteurs d’activités qui ont une influence positive ou négative sur leur cheminement.
  2. Nous établissons des priorités et objectifs tous les trois ans que l’équipe de gestion actualise dans le milieux et la population cible désignés. Priorités identifiées par une consultation des membres à la rencontre annuelle décembre 2002.

CANORAA Inc. a pour mandat de répondre aux besoins des canadiens et canadiennes d’origine africaine, antillaise et asiatique dans la grande région de Toronto à travers:

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  2.    La création d’un cadre favorisant leur épanouissement dans les domaines artistiques, culturels, et sportifs
  3.    La consolidation de la transmission de leur patrimoine francophone aux générations futures
  4.    La sensibilisation sur l’importance de leur participation et leur collaboration dans l’expansion de la francophonie plurielle de l’Ontario en particulier et du Canada en général.
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